Une invitation à la parole: l’édito du mois de mars

Mi-février, un anniversaire marquant est passé quelque peu inaperçu. Il s’agissait des vingt ans du site social d’hébergement de vidéos et médias YouTube. En avril de la même année, deux mois après le lancement, l’un des fondateurs publie la toute première vidéo de l’histoire de cette plateforme qui compte aujourd’hui plus de 2,5 milliards d’utilisateurs par mois. Il se filme au zoo de San Diego et pendant environ dix-neuf secondes, décrit brièvement les éléphants qui se trouvent derrière lui – une vidéo depuis commentée plus de dix millions de fois.
Voilà vingt ans qu’a été donné à l’être humain le pouvoir d’une parole démocratisée et publique. Moyennant un accès à internet et un téléphone ou une caméra, le citoyen lambda a tout à coup reçu la possibilité de s’adresser au monde entier depuis chez lui et ce, sans devoir gravir d’échelons, sans carrière professionnelle ou académique, sans célébrité. Mais sans forcément non plus la garantie d’être vu et entendu; seulement une possibilité de s’exprimer. Aujourd’hui celle-ci est prise pour un acquis pour qui a grandi avec ces technologies, elle est parfois encore considérée d’un œil méfiant par les générations plus anciennes et a depuis fait l’objet de nombreux débats, notamment sur la liberté d’expression, sur la censure ou encore sur la protection de la jeunesse face à des images choquantes.
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Cette première vidéo au zoo de San Diego a été suivie par une autre, puis une autre encore, et aujourd’hui, vingt ans après, YouTube participe à un brouhaha collectif et généralisé. La parole est donnée à tous, et nombreuses sont les personnes qui s’en emparent. En deux décennies, beaucoup de choses ont été dites, mais pas toutes n’étaient nécessaires ou essentielles. Pour nous, chrétiens qui nous sommes aussi emparés de cette parole, notre participation à ce brouhaha a-t-elle été utile? A-t-elle fait une différence?
Oser une parole juste, au bon moment, face à la bonne audience – c’est là notre appel, nous qui nous considérons comme étant à la suite de Jésus-Christ. Loin de nourrir un brouhaha inutile et assourdissant, mais loin aussi de craindre de prendre la parole et de se taire. Une parole imparfaite, mais inspirée.
Après avoir eu l’honneur d’oser une parole entre ces pages pendant deux ans, j’ai le privilège de la redonner à mon prédécesseur et désormais successeur David Métreau, dès l’édition prochaine. Merci pour votre confiance, votre fidèle lecture, vos critiques, vos encouragements et votre participation à une conversation qui a été et continue d’être, je le crois, essentielle et nécessaire.

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Mars 2025
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