Ils ont fait de la permaculture leur style de vie – Jean-Marc Semoulin

Une ferme, sur le toit d’un centre commercial

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Ce qui était un terrain vague rempli de déchets est devenu un lieu de rencontre et d’abondance dans la ville. Depuis sa mise en place, cette ferme urbaine dans la ville des Mureaux, dans le département des Yvelines en Ile-de-France, suscite des vocations.
Diplômé en agriculture, Jean-Marc Semoulin, expert de la réinsertion sociale, est à l’origine de ce projet atypique: «Il y a quatre ans, j’ai eu un électrochoc en découvrant que pendant que La Gerbe, notre structure associative de réinsertion, remettait trente personnes à l’emploi par an, sur notre secteur, plus de soixante personnes perdaient leur travail au même moment.» Il était étonnant de constater que la commune des Mureaux présentait les mêmes symptômes qu’une personne en insertion. «Si la ville avait la même problématique qu’une personne, elle allait peut-être réagir comme une personne. Même dans la Bible, il est fréquent de voir Dieu s’adresser à une ville comme à une personne», confie Jean-Marc Semoulin.
A l’origine du projet se trouve le PTCE (Pôle territorial de coopération économique) «Vivre les Mureaux», en association avec plusieurs acteurs de la ville: associations, entreprises, collectivités, institutions, écoles, communautés religieuses. Et c’est dans ce cadre que naît le projet de ferme urbaine «Les jardins de la rencontre». Un projet qui a pour but de favoriser le vivre-ensemble.
Accessible à tous
Le directeur de la Gerbe en est persuadé: la permaculture, dont les objectifs sont de prendre soin de la terre, de l’être humain et de créer de l’abondance, répond au besoin de mieux-vivre dans les villes. La ferme urbaine est perçue par ses utilisateurs comme un lieu extraordinaire de rencontre où des voisins se croisent, se parlent, travaillent la terre ensemble et peuvent consommer le fruit de leur travail. «C’est un jardin d’abondance où les personnes peuvent goûter les fruits qui sont cultivés. Cette action crée de la confiance et de la générosité dans un environnement habituellement méfiant», détaille Jean-Marc Semoulin.
Parti de quelques mètres carrés, aujourd’hui ce projet de ferme urbaine a atteint 8000 m2 sur un toit, grâce à un partenariat avec un supermarché voisin. «Tout le monde peut se lancer dans un projet de permaculture très simple en ville», assure le quinquagénaire. Avant ce projet de ferme urbaine, lui-même a commencé par des jardinières sur son balcon. Selon ce visionnaire, les Eglises qui ont ne serait-ce qu’un petit terrain peuvent mettre en place des projets similaires pour créer un vivre-ensemble et «nourrir ceux qui en ont besoin».
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– Une démarche éco-solidaire chrétienne
– Un rêve holistique au Sénégal
– Un jardin pour rencontrer son prochain
