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Casseurs, bas les masques!

Des manifestants anarchistes lors d'un rassemblement contre l'austérité à Londres en 2011
© iStock
Le contexte sanitaire apporte une certaine ironie à l’initiative «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage», parfois appelée anti-burqa, qui sera votée le 7 mars 2021.

Le contexte sanitaire apporte une certaine ironie à l’initiative «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage», parfois appelée anti-burqa, qui sera votée le 7 mars 2021. «Il est un peu curieux de se prononcer sur ce vote alors qu’on sera tous masqués», note en effet Philippe Siraut, coordinateur du Parti évangélique (PEV) en Suisse romande. «On reçoit des remarques pointant que ce sujet est un peu marginal au regard de la situation actuelle», relève-t-il. Le PEV appelle à la liberté de vote, même si à l’interne une très courte majorité soutient l’initiative. «D’un côté, on respecte les droits des femmes qui doivent elle-mêmes respecter l’administration devant qui on n’a pas le droit de cacher son visage. De l’autre, il y a les casseurs…»

L’islam pas visé mais les casseurs

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Même si l’initiative a été lancée par le Comité d’Egerkingen, à l’origine de l’initiative sur l’interdiction des minarets, les arguments avancés par l’UDC et l’UDF pour la soutenir ne concernent pas directement l’islam, mais les casseurs. «Les dégâts causés par les casseurs au visage dissimulés ont coûté des millions de francs. Nous devons pouvoir les reconnaître», assure de son côté Marc Früh, porte-parole du parti UDF, défendant les valeurs chrétiennes. «Quelqu’un qui dissimule son visage est néfaste pour la société et ça coûte cher. Quelqu’un d’intègre et respectueux n’a pas besoin de se cacher.» Pour Jean-Luc Chollet, membre UDC du Grand Conseil vaudois, son groupe soutient cette initiative «exclusivement concernant la dissimulation des visages des jeunes liés à des manifestations publiques et qui s’en prennent aux biens publics et privés». «Leurs intentions sont inacceptables. Ils doivent pouvoir être neutralisés avant le passage à l’acte. Il s’agit donc d’une mesure préventive, pour éviter les débordements.»

Il n’est selon lui pas question de la dissimulation d’un visage avec un voile islamique intégral. Selon Marc Früh, le voile n’est «pas une question de religion», mais «un choix imposé». Il ajoute: «Dans la loi coranique, il n’est mentionné nulle part comme nécessaire.» Il appelle au respect de la liberté et de la neutralité.

Christelle Bankolé et David Métreau

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Janvier 2021

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